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Je, au-delà

par Kristin Prevallet

Couverture d’ouvrage : Je, au-delà
Fiche technique :Prix : 5,00 € EUR
ISBN : 978-2-914688-70-3
Taille : 14,60 x 10,70 cm
Pages : 32
Appartient à la collection W :

Essai en temps de deuil

Dans ces pages titrées [Mythologie], [Distraction], [Volonté], [Peur],… Kristin Prevallet montre toute l’ambivalence de la question du deuil, la coexistence des contraires et des opposés, la persistance de la vie qui voit et qui respire. Agent double qui joue avec le feu de son propre regard, des bribes de rapports d’enquêtes se brouillent de réflexions critiques, amorçant la question de la résolution. La mésaventure d’une mouche écrasée sous un rectangle de Scotch devient symbolique et l’auteur s’adresse à vous, lecteur, avec des maximes formulées sur mesure.

Extrait :

[Mythologie]

En même temps existent contraires et opposés.
Il y a dans le ciel un sauveur, ou une flamboyante boule de feu.
Le fils et le feu ne font qu’un ; ils existent, simultanément mais dans différentes formes.
L’un et l’autre ne font qu’un.
Se balançant d’avant en arrière.
Vacillant dans les enfers subatomiques, préoccupés de pensées endeuillées.

 

[Homonyme]

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Dans le feu il y a un je.
Je suis un organe qui respire, et cette respiration me rapproche de plus en plus de la parole.
L’œil est un organe qui voit, et sous la voie un passage existe entre peur, crainte et angoisse ; entre vision et mémoire, et à l’inverse, entre mémoire et désir.
Le désir joue un rôle important dans cet essai.
Elle n’est pas un ange mais un agent double. Double car elle se languit et pourtant le regard même dont elle use pour séduire finira par la consumer.
Le motif s’enflamme, lettre par lettre :
D'abord par le « f », il finit par être juste un nom : mot*.
La flamme l’a rendue Française – sa signification est en feu.
––––––––––––––––––––––––
* En français dans le texte.

 

[Rêve]

Je m’assis.
Il faisait nuit.
Quelqu’un dans la pièce voisine, attendait.
Le bruit était intolérable.
L’incroyable pulsation.
Une façon d’être avec un autre et cependant en guerre avec le monde.
L’extension de cela, la répétition.
L’un et l’autre se répandirent.
Statiques, puis silencieux.
Sur la pente du devenir.
Le moyen d’arriver à travers et autour de la nostalgie, le besoin de s’étendre au-delà de l’intime et d’affronter l’intolérable présent.
Avec les mots qui sont en moi j’essayais de déchiffrer la nuit, et je me suis souvenue que l’obscurité contient sa propre résolution.

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À propos de l’auteur

Kristin Prevallet est née en 1966 à Denver (Colorado) ; elle réside actuellement à New York. Poète, essayiste, traductrice et professeur d’investigations poétiques à l’université de Naropa à Boulder dans le Colorado et à l’Institute of Writing and Thinking de Bard College de New York.
Elle a fondé, avec Bob Holman, Anne Waldman et Alan Gilbert, "the Study Abroad on the Bowery : a Certificate Program in Applied Poetics au Bowery Poetry Club" et a publié de nombreux livres parmi lesquels Shadow Evidence Intelligence (Factory School, 2006) et Scratch sides, un projet de poésie, documentation, et projets d’images-textes (Skanky Possum, 2003).
En 2004, elle a reçu le prix de traduction PEN pour sa traduction de L’autre monde de Sony Labou Tansi. Elle a aussi traduit Sandra Moussempès, Jean Cocteau, Jean Metellus, Joyce Mansour et Anne Portugal.

Bibliographie

je, au-delà (essai en temps de deuil), traduit par Sandra Moussempès et Françoise Valéry, collection W, L’Attente, 2007 • D’un devenir Fantôme (formes poétiques en temps de deuil), traduction collective, cipM / Un bureau sur l’Atlantique, 2006 • Apostrophe, in Whitman Hom(m)age 2005/1855, traduit par Éric Athenot, joca seria, 2005 • Rouge, traduit par Sandra Moussempès, Action Poétique, 2003 • Poèmes extraits de The People Database, traduits par Vincent Broqua, Po&sie, 2003